CRCN-Édu : La Souveraineté Numérique Entre À L’école

28 juil. 2026
Publication au Journal officiel de l’arrêté du 15 juillet 2026 instituant le CRCN-Édu (C2i2E de 2010 abrogé à la rentrée 2027)

83 %
des dépenses cloud et logiciels des organisations européennes captées par des acteurs américains (Cigref)

152 M€
plafond du contrat Microsoft prolongé jusqu’en 2029 pour les agents administratifs de l’Éducation nationale

400 000
comptes créés sur « Nuage », le cloud souverain déployé par l’Éducation nationale

À retenir. Le 30 juin 2026, le ministère de l’Éducation nationale a présenté le CRCN-Édu. Ce nouveau cadre de référence des compétences numériques concerne l’éducation. Il a ensuite été officialisé par l’arrêté du 15 juillet 2026, publié au Journal officiel du 28 juillet. Il entre en vigueur dès sa publication. En revanche, la bascule est progressive : le C2i2E de 2010 n’est abrogé qu’à la rentrée 2027. Sa vraie nouveauté tient d’ailleurs à la place qu’y prend la souveraineté numérique.

Surtout, la nouveauté n’est pas seulement le texte. C’est aussi la place qu’y prend la souveraineté numérique. Les personnels, CFDT Éducation en tête, demandent des outils stables, libres et souverains. Ils réclament également une vraie protection des données des élèves. En effet, le contexte leur donne des arguments : contrat Microsoft prolongé jusqu’en 2029, dépendance européenne massive aux clouds américains, mais aussi des réussites souveraines comme « Nuage ». Ainsi, pour un établissement ou un organisme de formation, choisir un outil engage désormais la localisation des données et la conformité RGPD autant que l’ergonomie.

Un cadre de référence attendu depuis 2010

Le 30 juin 2026, lors du Comité social d’administration ministériel (CSAMEN), le ministère a présenté le CRCN-Édu. Le texte a ensuite été officialisé par l’arrêté du 15 juillet 2026, publié au Journal officiel du 28 juillet. Il entre en vigueur dès sa publication. Cependant, la transition s’étale dans le temps. D’un côté, le nouveau parcours passe par Pix dès la session 2026. De l’autre, les arrêtés de 2010 qui régissaient le C2i2E ne sont abrogés qu’à la rentrée 2027. Enfin, le CRCN-Édu s’inscrit dans la réforme de la formation initiale des enseignants.

Par ailleurs, le CRCN-Édu s’appuie sur les référentiels européens DigCompEdu et DigComp. Il s’organise autour de cinq domaines : environnement professionnel, ressources numériques, enseignement-apprentissage, autonomie des apprenants et compétences numériques des élèves. Concrètement, pour les personnels, il se traduit par un parcours sur Pix et une évaluation de pratique professionnelle. De plus, il prévoit quatre niveaux de maîtrise : initié, confirmé, avancé et expert. Enfin, une certification nationale reste possible pour les niveaux les plus élevés.

La souveraineté numérique, longtemps absente, devenue centrale

Le fait marquant n’est pas seulement la mise à jour du référentiel. C’est surtout la place qu’y prend la souveraineté. En effet, dans sa réaction au texte, la CFDT Éducation a posé une exigence simple. D’une part, les personnels ne peuvent pas dépendre d’outils imposés puis retirés d’une année sur l’autre. D’autre part, ils refusent que des acteurs étrangers accèdent aux données de l’école ou coupent l’accès aux logiciels du jour au lendemain.

« Développer l’usage des logiciels libres […], c’est aussi parer au risque de déconnexion des grandes puissances en disposant d’outils souverains. »
— CFDT Éducation, à propos du CRCN-Édu (3 juillet 2026)

Trois exigences ressortent de cette prise de position :

Des outils stables dans la durée

Pas d’outils imposés puis retirés d’une année sur l’autre.

Des logiciels libres et souverains

Capables de tenir face à un risque de déconnexion des grandes puissances.

Une protection réelle des données

Celles des élèves, produites en volume par l’école au quotidien.

Ce dernier point est d’autant plus sensible que l’école produit énormément de données personnelles. D’ailleurs, la CFDT demande au ministère de privilégier des services numériques communs. Elle souhaite aussi qu’il acquière lui-même les outils, plutôt que de laisser chaque académie composer seule.

La souveraineté numérique n’est donc plus un débat réservé aux ministères. Elle descend jusqu’au poste de travail de l’enseignant et jusqu’à la salle de classe.

Un contexte de dépendance largement documenté

Cette vigilance ne sort pas de nulle part. Début 2026, l’Éducation nationale a prolongé son équipement Microsoft jusqu’en 2029 pour ses services administratifs. Le contrat atteint un plafond de 152 millions d’euros. Le ministère précise toutefois que le montant réel devrait rester bien en deçà. Or ce choix a fait débat. En effet, la doctrine de l’État, les instructions de la DINUM et une circulaire aux rectorats invitent à privilégier des solutions françaises ou européennes.

À l’échelle du continent, les ordres de grandeur parlent d’eux-mêmes. Selon une étude Astères pour le Cigref, 83 % des dépenses de cloud et de logiciels européennes vont à des entreprises américaines. Cela représente un coût estimé à 264 milliards d’euros par an. Résultat : une dépendance structurelle qui touche directement le service public.

Infographie : 83 % des dépenses de cloud et de logiciels des organisations européennes captées par des acteurs américains, soit 264 milliards d'euros par an (source Astères pour le Cigref).
La dépendance de l’Europe aux clouds américains. Source : Astères pour le Cigref.

« Nuage » : la preuve par l’exemple

Des contre-exemples existent pourtant. Ainsi, l’Éducation nationale a déployé « Nuage », une solution de partage de fichiers souveraine et auto-hébergée. Elle est bâtie sur Nextcloud. Près de 400 000 comptes actifs y ont été créés. Environ deux tiers se connectent chaque semaine. Et cela s’est fait en grande partie par le bouche-à-oreille, sans campagne nationale. La preuve qu’un outil souverain peut s’installer à grande échelle. De quoi relativiser l’idée qu’il faudrait un géant américain pour tenir la charge. C’est d’ailleurs ce que montre notre comparatif entre une suite française et Microsoft Teams.

Ce que cela implique pour les établissements, et pour la formation

Dès lors, pour les établissements, les rectorats et les collectivités, le message est clair. Choisir un outil numérique n’est plus seulement une question de fonctionnalités ou de prix. C’est aussi une décision qui engage la localisation des données, la conformité au RGPD et la continuité du service. Concrètement, quelques exigences remontent en tête de liste :

  •   Un hébergement en France, idéalement qualifié SecNumCloud, à l’abri des lois extraterritoriales américaines.
  •   Une conformité RGPD réelle, adaptée à des données d’élèves mineurs.
  •   La maîtrise des accès et des données : c’est l’établissement qui décide qui accède à quoi, pas un tiers situé ailleurs.
  •   Une vraie simplicité d’usage pour les enseignants comme pour les élèves — sinon les outils non maîtrisés reprennent vite le dessus.

Le sujet dépasse d’ailleurs l’école. Dans la formation professionnelle, la sensibilité est la même. D’un côté, l’IA entre dans la conception des parcours. De l’autre, la protection des données reste une préoccupation forte des responsables de formation. Ainsi, la souveraineté et la sécurité des serveurs sont devenues de vrais arguments de choix. Cela vaut pour les outils de visioconférence, de messagerie et de gestion à distance.

Enfin, les écarts d’équipement rappellent que la souveraineté ne se décrète pas sans moyens. Les données de la DEPP décrivent un parc scolaire très inégal selon les niveaux. De plus, la France reste historiquement en retard sur ses voisins européens. Le numérique dans l’éducation et les rectorats se joue donc autant sur les moyens que sur les principes.

Infographie : trois critères d'un outil collaboratif souverain pour l'école — hébergé en France, conforme au RGPD et hors CLOUD Act, données réversibles et maîtrisées.
Trois marqueurs concrets d’un outil réellement souverain pour l’éducation.

Aifel : des outils de collaboration souverains, prêts pour l’éducation et la formation

Entre le cadre réglementaire et la réalité des classes, il manque souvent une brique. Il s’agit des outils du quotidien : visioconférence, messagerie d’équipe, partage de fichiers et tableaux collaboratifs. Ils doivent être simples à adopter et réellement souverains. En clair, l’hébergement en France, la conformité RGPD native, le chiffrement des échanges et l’indépendance vis-à-vis des plateformes étrangères ne sont plus des options. Ce sont désormais des conditions, posées autant par les référentiels que par les personnels.

C’est précisément ce que couvre Aifel pour l’éducation, les rectorats et la formation. La suite réunit une visioconférence sécurisée, un partage de fichiers souverain et une messagerie d’équipe. Le tout est hébergé en France et pensé dès le départ pour ces exigences.

Aller plus loin : le guide du cloud souverain pour les décideurs.

Comparer les solutions : nos comparatifs Aifel face à Teams, Zoom et Google Workspace.

FAQ : CRCN-Édu et souveraineté numérique à l’école

?Qu’est-ce que le CRCN-Édu ?

C’est le cadre de référence des compétences numériques pour l’éducation. Il a été présenté le 30 juin 2026, puis officialisé par l’arrêté du 15 juillet 2026 (publié au Journal officiel du 28 juillet). Il entre en vigueur dès sa publication, avec une montée en charge progressive jusqu’à la rentrée 2027. Concrètement, il décrit ce que les enseignants doivent maîtriser côté numérique, autour de cinq domaines. L’évaluation passe par Pix, avec quatre niveaux (initié, confirmé, avancé, expert).

?Qu’est-ce qui change par rapport au C2i2E ?

Le CRCN-Édu remplace un référentiel de 2010, mais progressivement. En effet, les arrêtés du 31 mai 2010 et du 14 décembre 2010 restent en vigueur jusqu’à la rentrée 2027. Par ailleurs, il s’aligne sur les cadres européens DigCompEdu et DigComp. Il s’intègre aussi à la réforme de la formation initiale des enseignants. Surtout, il fait entrer la souveraineté numérique parmi les préoccupations affichées.

?Pourquoi la souveraineté numérique concerne-t-elle l’école ?

Parce que l’école produit en continu des données personnelles, souvent celles de mineurs. Or, si les outils dépendent d’acteurs soumis à des lois extraterritoriales, ces données peuvent être exposées. De plus, l’accès aux logiciels peut changer ou s’interrompre. D’où la demande d’outils stables, hébergés dans l’UE et conformes au RGPD.

?Un outil souverain peut-il vraiment s’imposer à grande échelle ?

Oui. La solution « Nuage » de l’Éducation nationale, bâtie sur Nextcloud, a dépassé 400 000 comptes actifs. Et cela s’est fait en grande partie par bouche-à-oreille, sans campagne nationale. Cela montre qu’un outil français et auto-hébergé peut entrer dans le quotidien des agents.

?Comment vérifier qu’un outil collaboratif est réellement souverain ?

Trois questions suffisent à trier. D’abord, où les données sont-elles physiquement hébergées, et sous quelle juridiction ? Ensuite, l’éditeur relève-t-il d’une loi extraterritoriale comme le CLOUD Act ? Enfin, l’établissement garde-t-il la maîtrise des accès et de l’export de ses données ? En pratique, les marqueurs concrets sont un hébergement en France, une qualification SecNumCloud ou HDS et un engagement clair sur la réversibilité. C’est le terrain sur lequel se place Aifel.